Le 26 juin 1797 naît l’imam Chamil, ancien chef de guerre musulman connu pour être l’un des plus grands résistants contre l’occupation russe du Caucase.

 

Un homme instruit et cultivé

Chamil voit le jour à Guimry (au Daghestan) le 26 juin 1797. Issu d’une famille aisée, il bénéficie d’une éducation complète durant laquelle il apprend la rhétorique, l’arabe, la logique et la grammaire. Par ailleurs, il se fait une réputation dans le maniement des armes et l’équitation en remportant de nombreux tournois.

Durant sa jeunesse, le jeune garçon s’intéresse davantage au soufisme et rejoint ainsi la confrérie Naqshbandiyya. Là, il suit les enseignements des cheikhs Mohammad Yaragli, Jamaluddin al Ghumuqi, Saïd Arakanskii et Abdourahman Sogratlinskii. Et pour parfaire ses connaissances, il va même à Damas pour rencontrer le grand cheikh Khâlid-i Baghdâdîle fondateur de la branche Khalidi de l’ordre.

 

Un grand imam

En ce temps-là, la Russie tente d’envahir les territoires perses et ottomans. Pour y faire face, les tribus du Caucase décident de faire bloc pour chasser l’envahisseur. Opposé à la violence, suivant les enseignements du ckeikh Jamaluddin al Ghumuqi, Chamil refuse d’abord d’intégrer la résistance. Mais il change d’avis lorsqu’en 1829, son ami d’enfance, Mohammed Ghazi, devient imam et le désigne comme son premier lieutenant aux côtés du cheikh Mansour.

En 1832, les russes passent à l’offensive et s’emparent de Guimry en éliminant sur le passage : Ghazi et son armée. Seuls Chamil, grièvement blessé au cours de la bataille et un autre mouride parviennent à s’enfuir. Remis de ses blessures, il rejoint, quelques mois après, la résistance conduite à l’époque par le nouveau imam Gamzat Beck. Mais ce dernier meurt assassiné en 1834 et est remplacé par Chamil qui devient ainsi le troisième imam du Daghestan.

Dès son arrivé au pouvoir, Chamil se fixe deux objectifs : d’une part, il veut créer un Etat unifié pour résister à l’invasion russe et de l’autre, il entend répandre l’islam pour que cet Etat puisse reposer sur la charia. Pour ce faire, il entame de nombreuses expéditions et arrive à rallier plusieurs communautés du Daghestan et dans presque toute la Tchétchénie à sa cause. Par ailleurs, il fait construire une madrassah ( école coranique) dans chaque aoul pour que sa communauté soit instruite. Il n’hésite d’ailleurs pas à libérer quelques combattants du djihad pour qu’ils reprennent leurs études.

 

Un grand chef de guerre

Le 13 juin 1839, l’armée russe assiège un fort situé sur la montagne d’Akhoulgo où sont retranchés l’imam et son armée composée d’à peu près 4000 combattants. Les caucasiens résistent tant bien que mal aux attaques mais finissent par céder après quatre-vingt jours de siège. Heureusement, Chamil réussit, avec sa famille et une poignée de partisans, à s’échapper du fort avant que celui-ci ne tombe aux mains de l’ennemi le 22 août.

Après cette défaite, l’imam rassemble de nouveau les tribus caucasiennes et mène de nombreuses embuscades en s’appuyant sur une parfaite connaissance du terrain. Mais en raison de leur infériorité numérique, Chamil et ses hommes sont contraints de se rendre à l’armée russe le 25 août 1859. L’imam est ensuite forcé à l’exil à Kalouga, sous l’ordre de l’empereur Alexandre II avant que celui-ci ne l’autorise à s’établir à Kiev en décembre 1868.

En 1871, Chamil rend son dernier souffle à Médine et est enterré au cimetière Jannat al-Baqi aux côtés de nombreux personnages importants de l’islam.  Toutefois, il continue aujourd’hui à être honoré par ses compatriotes et reste un modèle pour bon nombre de musulmans qui s’opposent à l’influence russe dans le Caucase.

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