Le 21 juin 1947 est née la première femme juge en Iran, une activiste en faveur des droits de l’homme et une militante pour l’inclusion politique des femmes iraniennes : Shirine Ebadi. Retour sur le combat de sa vie.

 

Une juge au service des démunis

C’est surtout son père, lui-même juge, qui l’a encouragé à poursuivre ses études car celui-ci voulait offrir la même opportunité de carrière à ses enfants. À 22 ans, elle réussit brillamment le concours d’entrée au palais et devient juge en 1974 avant d’être la présidente du tribunal de grande instance de Téhéran, une première pour l’Iran. Mais cinq ans plus tard, la révolution islamique du 1979 lui fait perdre son poste suite à la destitution des femmes dans les fonctions de la vie publique. Shirine Ebadi s’oriente alors vers le métier d’avocat pour prendre la défense des minorités, des dissidents, des opprimés du régime et des leaders bahaïs.

Considérée comme un élément perturbateur des traditionalistes, au pouvoir en 2000, elle est accusée par le gouvernement d’avoir distribué une cassette vidéo compromettante. Les sanctions tombent alors : un an d’emprisonnement et une interdiction d’exercer. Cet événement, considéré comme une injustice, attire les regards de la communauté internationale vers l’Iran. Shirine en profite pour fonder et présider l’Association des défenseurs des droits de l’homme, avec quatre autres avocats. En un an, l’ONG défend plus de 70 cas de prisonniers politiques pour encourager le peuple iranien à « lutter en faveur de la démocratie« . En parallèle, elle mène un combat sans relâche pour la défense des droits des femmes et des enfants. Elle est d’ailleurs membre de la direction de l’Organisation iranienne de protection des droits de l’enfant.

 

Une militante pour la paix et la justice

Pour ces engagements sans faille, Shirine Ebadi obtient trois récompenses internationales : le Prix Rafto en 2001, le Prix Nobel de la paix en 2003 (la première pour une femme musulmane) et le Prix Manhae pour la paix en 2009. Et malgré les menaces à son encontre, elle soutient les mouvements féministes qui se réveillent dans le pays et se présente comme porte-parole des femmes iraniennes pendant la campagne électorale de 2009.  En riposte, le gouvernement en place gèle son compte bancaire et lui confisque sa médaille et son diplôme du Nobel avant de l’obliger à s’exiler à Londres la même année.

Shirine n’est pas pour autant découragée. Au contraire, elle voit en cet exil, une opportunité d’élargir son audience. Elle intervient, pour cela, dans les conférences internationales de l’ONU, du Conseil de l’Europe ou encore de l’Union Européenne pour faire entendre sa voix. Une voix que Chirine Ebadi fait connaitre également par des ouvrages écrits, tels « Iranienne et libre : mon combat pour la justice » et « La Cage dorée ». Aujourd’hui encore, elle continue de se battre pour l’avenir des femmes, des enfants et des minorités en Iran.

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