Le troisième calife musulman, ’Uthmân ibn Affân, est assassiné le 17 juin 656 à Médine. Pendant son règne de 644 à 656, il accomplit la recension officielle du Coran faisant de lui l’un des personnages marquants de l’islam.

 

La « vulgate uthmânienne« 

Né en 574 dans une famille issue du clan des Banū ʾUmayyah, ’Uthmân ibn Affân est membre de la prestigieuse aristocratie mecquoise. Il est parmi les premiers personnages de sa communauté à se convertir à l’islam avant l’hégire et fait aussi partie des musulmans persécutés et obligés de s’exiler en Abyssinie. Surnommé « Dhu al-Nurayn » ou l’homme aux deux lumières, il est le seul homme à s’être marié avec deux filles du prophète Muhammad : Rukayya et Umm Kulthum.

En 644, à la mort d’Omar ibn al-Khattâb, il est désigné par le conseil des érudits comme son successeur et devient ainsi le troisième calife de l’islam. Sous son califat, le territoire musulman s’élargit considérablement notamment après la conquête des terres appartenant à l’ancien Empire sassanide et l’Empire de l’Arménie. Par ailleurs, il décide d’officialiser le texte coranique et de classifier les sourates pour mettre un terme aux querelles et divergences liées à leur interprétation. Pour cela, il rassemble en 647 une commission composée de Zayd b. Thâbit, ’Abdallah b. Zubayr, Sa’d b. Al’As, ’Abdû-r-Ramhân b. Al Harith. En se basant sur un exemplaire établi sous ‘Abû Bakr, elle est chargée de procéder à la recension du texte. Pour ce faire, elle entame une consultation générale auprès des musulmans dépositaires de la prédication révélée puis fait concorder les témoignages afin de choisir la lecture à retenir pour chaque verset. C’est ainsi qu’un corpus intégral, connu sous le nom de Mushaf ’Uthmân, est établi. Il est ensuite reproduit en plusieurs exemplaires et envoyés dans les diverses provinces du territoire musulman pour devenir la vulgate officielle de l’islam.

 

Le début de la Grande Discorde

Mais les problèmes commencent à surgir durant la sixième année de son califat. On l’accuse, entre autres, de népotisme puisqu’il a placé des gens appartenant aux Banû Umayya tels que Mu’âwiya, Abdullâh ibn Kurayz, al-Walîd ibn ‘Uqba à des postes stratégiques. En même temps, Amr ibn al-Hamiq, ex-gouverneur de l’Égypte, manipule une partie de la population touchée par les changements politiques et religieux engagés par ’Uthmân ibn Affân à se révolter.

En 656, un groupe de rebelles venus d’Égypte, de Koufa et de Bassora se rend à Médine. Ils y rencontrent ’Uthmân et lui font part de leurs exigences. Celui-ci accepte quelques unes d’entre elles dont le fait de ne plus nommer les membres de sa tribu aux postes administratifs et de répartir les recettes fiscales. Les insurgés décident alors de retourner chez eux mais en cours de route, ils interceptent un cavalier porteur d’une lettre signée du calife à destination du gouverneur de l’Egypte lui donnant l’ordre d’exécuter les insurgés. Se sentant trahis par ’Uthmân, ces derniers retournent à Médine, envahissent sa maison et l’assiègent pendant 40 jours avant de tuer le calife, le 17 juin.

Le jour même, Ali ibn Abi Talib lui succède et est proclamé quatrième calife par l’assemblée des sahaba. Mais l’assassinat d’’Uthmân n’étant pas puni, les Umayya dont Mu’âwiya refusent de reconnaître la légitimité du nouveau calife. Ceci marque le début de la Grande Discorde, ce qui va plus tard conduire à la grande division des musulmans entre les sunnites (les Umayya) et les chiites (soutient d’Ali).

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