Le 15 juin 1389, Murat Ier, premier sultan à avoir réellement bâti la puissance ottomane en Europe, trouve la mort sur le champ de bataille.

 

Un grand réformateur

Suite à la mort de son père, le sultan Orhan, Murat accède au trône en 1360 sous le nom de Murat Ier. Très vite, il entreprend des réformes pour mieux administrer ses territoires. Il commence alors par créer le « Divan » (un gouvernement central) dirigé par un « Grand Vizir » (équivalent qu Premier ministre) qui est lui-même placé sous l’autorité du sultan. Puis il met en place le « dechirmé », un système d’enrôlement forcé des jeunes pour grossir les rangs des janissaires, une unité d’élite de l’armée ottomane. Et, il rédige le Timar qui permet aux cavaliers turcs nommés « sipahi » de bénéficier d’un fief dans les territoires annexés. Celui-ci pouvait ensuite rapporter entre 10.000 à 100.000 akçe (monnaie principale de l’Empire ottoman) d’impôts pour l’Etat et entre 5 à 20 hommes pour l’armée.

 

Murat le conquérant

Durant son règne, Murat Ier fait de l’expansion de l’Empire ottoman en Europe sa priorité. Peu après son intronisation, il entame sa campagne en Thrace occidentale ((limitrophe de la Bulgarie, de la Turquie et de la Grèce) en entrant par Gallipoli. Son armée s’y empare rapidement de deux grandes villes sous occupation byzantine :  Philippopolis et Andrinople. Rebaptisée « Edirne« , cette dernière deviendra d’ailleurs la capitale ottomane à partir de 1362.

Craignant l’avancée des ottomans au-delà des Balkans, les croisés passent à l’offensive pour les repousser hors du territoire européen sans toutefois y arriver. Ainsi, la première tentative est menée en 1364 par le Pape Urbain V. Avec ses 10.000 soldats, il se dirige vers Edirne mais tombe dans un piège et perd une grande partie de ses hommes. Deux ans plus tard, les croisés changent de tactique et préfèrent bloquer l’entrée des turcs en prenant Gallipoli mais la ville est reprise par l’armée ottomane dès l’année suivante.

De leurs côtés, les bulgares, les serbes et les byzantins décident de se rallier pour contrer les turcs mais en vain également. Le 26 septembre 1371, la coalition est anéantie par les troupes ottomanes à Chernomen, près d’Edirne durant « la bataille de Maritza ».  A l’issue de cet affrontement, Murat Ier s’empare des villes de Drama, Kavala,  Serrès et Samokov et placent ainsi les princes du Nord (de la Serbie et de la Bulgarie) tout comme l’Empereur byzantin sous sa souveraineté. Et dans les années 1380, le sultan reprend les offensives en Occident ajoutant ainsi Sofia (1385) et Niš (1386) parmi les villes conquises.

 

Sa mort tragique

En 1387, une nouvelle coalition formée par les princes venus du nord de la Serbie et de Bosnie freine l’avancée des troupes ottomanes à Pločnik. Mais Murat et son fils Bayézid reprennent l’avantage deux ans plus tard lors de la première bataille de Kosovo en 1389. Malheureusement, c’est au sein même de cette victoire que le sultan trouve la mort : en parcourant le champ de bataille, il se fait surprendre par un soldat serbe qui lui porte un coup fatal.

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