Le 14 Juin 767, Abu Hanifa, juriste musulman connu sous le nom de l’imam Al A’tham  (le plus grand imam) s’éteint à l’âge de 67 ans alors qu’il était en détention.

 

Ses sources de savoir

Né à Koufa le 8 septembre 699, Abu Hanifa est voué à devenir commerçant comme son père. Ainsi, avant d’atteindre ses 20 ans, il dirige déjà un atelier de tissage dans sa ville natale. Mais sa vie prend un autre tournant lorsqu’il rencontre le célèbre imam al-Cha’Bi. Celui-ci décèle chez le jeune homme une intelligence rare et l’incite à approfondir ses connaissances théologiques. Suivant les conseils de l’imam, Abu Hanifa commence alors à s’intéresser aux fiqhs et aux hadiths. Plus tard, il entreprend plusieurs voyages vers les lieux saints (Médine et La Mecque) pour parfaire ce qu’il a déjà acquis. Ceux-ci lui permettent d’hériter le savoir de quelques compagnons du prophète Muhammad comme Abd Allah Ibn Mas’ud, Ali Ibn Abi Talib et Abd Allah Ibn Abbas, et d’échanger avec des grands savants tels que l’imam Malik ou Dja’far al-Sâdiq (fondateur de la première école de l’islam). Mais la plupart de ses connaissances, Abu Hanifa les doit surtout à son maître Hammad ibn Abi Sulayman. Ce dernier le prend  d’ailleurs sous son aile et lui prodigue son enseignement pendant 18 ans.

 

Son enseignement 

Quand Hammad décède en 742, Abu Hanifa, alors âgé de 40 ans, décide de reprendre le flambeau et fonde l’école de droit sunnite : hanafite. Pendant ses cours, il adopte une méthodologie bien particulière basée sur la Shûrâ (la concertation). Pour chaque question juridique, il préfère ainsi donner la parole à ses disciples en leur demandant des réponses bien argumentées. Il les commente ensuite en corrigeant ce qui doit être rectifié et en approuvant ce qui mérite d’être soutenu. Puis, il expose le problème sous différents angles, avant de donner quelques pistes de réponses dont l’analyse est basée sur le coran, le sunna, ou les hadiths. Et si la réponse n’y figure pas, l’imam a recours à l’Al Qiyas ou le raisonnement analogique. En tout, 50.000 questions de fiqh liées à la prière, les relations et l’héritage sont compilées dans ce qu’on appelle « les fondements de la jurisprudence (al-fiqh) hanafite ».

 

Son emprisonnement et son héritage

En 763, sa vie bascule lorsque Al Mansur arrive au pouvoir et lui propose d’endosser le rôle du Juge suprême de l’Etat. Par souci d’indépendance, Abu Hanifa décline l’offre en faveur de son élève Abou Yousouf. Considérant cela comme un affront, le monarque abasside jette l’imam en prison. Malgré les tortures et les humiliations qu’on lui inflige, Abu Hanifa continue d’enseigner (entre les murs de sa cellule)  jusqu’à ce qu’il succombe le 14 juin 767.

A sa mort, ses élèves, dont principalement : Abou Youssouf et Mouhammad Al-Shaybânî (auteur d’Al-Djâmi Al-Kabîr, un recueil rapportant les traditions de l’imam), diffusent l’enseignement hanafite dans toute la région. Rapidement, la doctrine trouve écho auprès des responsables politiques au point d’inspirer les systèmes juridiques de l’Empire Ottoman, des Abassides et des Saljûqides. Aujourd’hui encore, le rite est très répandu dans plusieurs pays dont l’Afghanistan, la Turquie, l’Albanie, la Macédoine, la Syrie… les références étant disponibles via plusieurs livres : Kitaabul Rad ala-l-Qaadiriyah,  Al Fiqh Al Akbar, Al-‘Âlim wa’l-Muta’allim.

Par ailleurs, Abou Youssouf et Mouhammad Al-Shaybânî compilent dans le Kitaab-ul-Aathaar près de 70.000 hadiths. Et de nombreux auteurs s’inspirent aussi du travail de l’imam tels que Abou al-Mu’yid Muhammad ben Mahmûd al-Khwârezmî. Cet auteur puise ses idées dans une douzaine de recueils de hadiths et les rassemble en un seul livre : Musnad Abou Hanîfa.

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