Après plusieurs tentatives ratées, Alep, le royaume tant convoité, est enfin conquis par Saladin le 10 juin 1183 . L’unification de la Syrie musulmane est ainsi accomplie.  

 

Tentative d’un premier siège

En 1174, Saladin poursuit son but d’unifier les musulmans d’Egypte et de Syrie. Et le contexte lui est bénéfique puisque d’une part, Nur ad-Din décède, laissant son fils As-Salih Ismail al-Malik âgé seulement de 12 ans à la tête d’Alep. Et de l’autre, le roi Amaury Ier confie aussi le pouvoir à son fils mineur, Baudouin IV. A cela s’ajoutent des querelles internes au sein de l’armée de ces deux royaumes. Profitant de cette instabilité, le sultan ayyoubide passe à l’attaque et s’empare ainsi rapidement de Homs (10 décembre) et de Hama (28 décembre).

En parallèle, Saladin tente de s’approprier d’Alep mais cette première campagne est entrecoupée par les complots des zengides contre lui et l’envahissement de Homs par les francs. En 1175, Saladin décide alors de retourner vers le Sud pour défendre les territoires menacés. Quelques semaines plus tard, les troupes d’Alep et celles de Mossoul s’allient pour contrer l’ayyoubide. Pris entre deux armées, le sultan cherche à négocier en proposant de rendre Homs et Hama mais les zengides revendiquent aussi Damas. Sans terrain d’entente, les deux parties s’affrontent alors le 23 avril 1175 à Qurûn Hamâ ; Saladin remporte victorieusement la bataille.

 

Une conquête d’Alep sans violence

Malgré cette victoire écrasante, le sultan ayyoubide ne peut pas reprendre son unification durant les quelques années qui la suivent. En effet, il doit concentrer ses efforts sur la guerre contre les francs qui ne cessent de multiplier leurs attaques. Par ailleurs, il doit contenir la révolte menée par des loyalistes zengides à Hama. Ce n’est qu’en 1181 qu’il reprend enfin sa conquête et s’empare d’Édesse et de Jazira avant de se présenter à Alep, encore sous le pouvoir de Imad ad-Din Zengi, un jeune émir peu ambitieux.

Le 10 juin 1183, Saladin tente alors une approche pacifique avec celui-ci : il propose quelques villes fortes comme Sinjar, Raqqa, Saruj et Nisibin en échange d’Alep. Imad ad-Din Zengi accepte immédiatement l’accord, attirant ainsi la colère de son peuple. La ville tombe alors aux mains du sultan ayyoubide qui n’a pas besoin de l’assiéger puisque les habitants acceptent de se soumettre sans aucune résistance.

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