Le 8 juin 632, à Médine, le prophète Muhammad, fondateur de l’Islam, rend l’âme suite à une fièvre douloureuse. Avec sa disparition se pose alors la question de sa succession, ce qui mène à la division de l’Islam en deux grands courants distincts : le sunnisme et le chiisme.

 

Les derniers jours du prophète

A la fin de sa vie, Muhammad traverse des épreuves difficiles qui vont lui créer des souffrances psychologiques et émotionnelles profondes. En effet, Ibrahim Ibn Muhammad, son seul fils décède alors qu’il n’avait que 18 mois. En même temps, il accumule les échecs militaires face aux byzantins. Ceci affecte notablement son autorité auprès de ses fidèles poussant même certains de ses hommes à lui désobéir. Selon certains historiens musulmans, les menaces d’assassinat contre lui se multiplient aussi au cours des dernières années de sa vie. S’il survit à chaque tentative, il ne s’en sort pas indemne et s’affaiblisse au fil du temps. Malgré toutes ces épreuves, il réussit tout de même à atteindre son objectif : celui d’unifier la péninsule arabique.

En 632, Muhammad accomplit son pèlerinage à La Mecque et y effectue son dernier sermon dans lequel il rappelle les fondements de l’islam en soulignant l’importance du respect des droits de la femme et de la fraternité entre croyants. Il rentre ensuite à Médine où il s’éteint le 8 juin de la même année (le 13 du mois de Rabi’ premier, selon le calendrier hégirien) suite à de fortes fièvres. Mais les circonstances de sa mort continuent encore à diviser les théologiens musulmans. Si certaines sources indiquent que le Prophète aurait succombé à une pleurésie, d’autres, plus anciennes (Ibn Kathir, Ibn Hisham et Bukhari), affirment qu’il serait mort d’un empoisonnement de la part d’une juive de Khaybar. Les théologiens d’Al-Azhar, quant-à-eux, ne nient pas cette dernière hypothèse mais assurent que Muhammad a « survécu 3 ans au poison, preuve de l’intervention divine« .

 

La grande division des musulmans

Mais un autre fait lié à la mort de Muhammad suscite aussi des interrogations. En effet, son corps sans vie est laissé sans sépulture durant 3 jours alors que la tradition exige que l’on inhume les morts le jour même, voire immédiatement. Selon quelques théologiens, cette situation inhabituelle s’expliquerait par le déni face au décès du Prophète : certains de ses fidèles ne voulant pas croire qu’il vient de mourir, espéreraient sa résurrection. Mais pour d’autres, principalement chiites, ces quelques jours auraient surtout permis aux compagnons de Muhammad d’écarter à tout prix sa famille pour choisir parmi eux-même son successeur.

Notons qu’à la mort du Prophète, sa succession devient une problématique qui déchire ses disciples. En effet, Muhammad n’a pas d’héritier puisque son seul fils est décédé quelques mois plus tôt et, il n’a pas non plus désigné son successeur. Ses proches ont donc la lourde tache de choisir celui qui est le plus légitime pour devenir le nouveau guide des croyants. Mais ils n’arrivent pas à trouver un terrain d’entente. Deux courants se sont alors formés : les futurs sunnites choisissent Abou Bakr, un de ses compagnons les plus fidèles, car ils considèrent que l’imam doit être nommé par d’autres hommes, au nom de la tradition tribale. Les futurs chiites, en revanche, estiment que l’imam doit être issu de la famille du Prophète, investi directement de l’autorité divine. De leurs côtés, ils désignent donc comme guide des croyants, Ali, son gendre et fils spirituel, au nom du lien du sang.

Quoi qu’il en soit, la tombe de Muhammad est creusée sur le terrain de sa demeure où est bâtie la mosquée de Médine, devenue un lieu de pèlerinage.

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