Le 2 juin 2005, le journaliste libanais Samir Kassir et un des leaders de la Révolution du Cèdre, décède suite à un assassinat.

 

Un journaliste et politicien engagé

Samir Kassir voit le jour le 5 Mai 1960 à Beyrouth. Né d’un père palestinien et d’une mère syrienne, il passe son enfance dans la capitale libanaise où il fréquente le lycée français. En 1981, il part en France pour y entamer ses études supérieures et s’inscrit à l’Université Paris Sorbonne. Trois ans plus tard, il décroche un DEA en philosophie politique suivi d’un doctorat en histoire moderne en 1990.

De retour à Beyrouth, il  débute sa carrière de journaliste en travaillant pour le compte du principal quotidien du pays : An Nahar. Il y propose chaque vendredi un éditorial politique très suivi par les libanais où il n’hésite pas à critiquer ouvertement la mainmise syrienne sur le Liban et à défendre ardemment la cause palestinienne. Par ailleurs, il écrit également des chroniques politiques pour d’autres journaux tels que : Al Hayat, Le Monde Diplomatique et L’Orient Le Jour et devient le rédacteur en chef de L’Orient-Express.

En novembre 2004, Samir se lance dans la politique en étant co-fondateur du Mouvement de la Gauche démocratique à Beyrouth. Et, après l’assassinat de Rafiq Hariri, il devient l’un des leaders de la Révolution du Cèdre (14 février au 10 avril 2005), plus connue sous le nom de l’Intifada de l’Indépendance, mais continue à défendre les droits des travailleurs syriens dans le pays.

 

Un « martyr »

Malheureusement, il paie le prix fort de ces prises de position et ces critiques le 2 juin 2005. Ce jour-là, Samir, au volant de son véhicule, s’apprête à quitter son domicile situé dans le quartier d’Ashrafieh à Beyrouth. En mettant le contact, il déclenche une charge explosive dissimulée sous son siège et meurt sur le coup.

Cet assassinat odieux soulève une vague d’indignation dans le pays mais également un peu partout dans le monde. Ainsi, en hommage à celui que ses compères surnomment le « Martyr du soulèvement de l’indépendance », des milliers de personnes avec bougies à la main sont descendues dans les rues de Beyrouth, Washington et de Paris au lendemain de son décès. Par ailleurs, l’Union européenne lance « le prix Samir Kassir pour la liberté de la presse » en 2006 pour maintenir sa mémoire vivante.

Symbole du biculturalisme libanais, Samir Kassir laisse derrière lui plusieurs ouvrages concentrés sur le monde arabe, ses problématiques et ses perspectives. Parmi eux : Histoire de Beyrouth, Paris, Fayard, 2003 ;  Liban : un printemps inachevé, Arles, Actes Sud, 2006 ; Considération sur le malheur arabe, Arles, Actes Sud, 2004 ; La guerre du Liban. De la dissension nationale au conflit régional (1975-1982), Paris, Karthala/Cermoc, 1994 ; Itinéraires de paris à Jérusalem : la France et le conflit israélo-arabe, Tome 1 (1917-1958), et Tome 2 (1958-1991), Les livres de la revue d’études palestiniennes, Paris, 1992 et 1993.    

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