Le 1er juin 1955 est marqué par le retour triomphal du nationaliste Bourguiba sur le sol tunisien après un an d’exil forcé en France. Cet événement constitue un jalon historique dans l’autonomie interne, puis vers l’indépendance du pays après 74 années de tutelle  coloniale.

 

Les accords pour le retour de l’autonomie interne

À peine libérée de l’Empire ottoman, la Régence de Tunis tombe sous tutelle européenne par le traité de Bardo qui instaure le protectorat français dans le pays à partir du 12 mai 1881. La « convention de La Marsa » conclue le 8 juin 1883, ne fait que confirmer ce régime du protectorat qui évoluera vers l’administration directe du pays par la France au début du 20ème siècle.

Mais devant la montée en force des mouvements nationalistes dans le pays, Paris déclare, finalement, en 1954, prêt à céder. Cela conduit au début de 1955 à des conventions sur le retour de l’autonomie interne : un traité qui devra être signé le 3 juin de la même année. Cependant, deux jours avant la signature officielle des accords, Zaïm Habib Bourguiba, après un an d’exil en France, décide de regagner la Tunisie sans même attendre la conclusion des conventions en vue. Cette anticipation de la part du grand chef du parti nationaliste tunisien, dont l’autorité morale est incontestable, marque déjà la victoire des mouvements et assure le retour de l’autonomie réelle de la Tunisie.

 

Le retour très symbolique de Bourguiba

L’entrée de Zaïm Habib Bourguiba à Tunis est digne d’un vrai héros national. Le 1 juin 1955, quand il accoste au port de La Goulette, le bateau qui le transporte est accueilli par une immense foule venue le saluer, en plus des petites embarcations escortant son paquebot. Une fois qu’il touche le sol tunisien, Bourguiba, sous l’objectif des photographes, annonce le retour de l’autonomie interne du pays dans un discours émouvant.

Monté sur un cheval Jelas, ce héros national est également acclamé tout le long de son trajet vers le palais de Carthage où il sera reçu par le Bey de Tunis. Cette scène symbolique de Bourguiba montant un cheval est commémorée par une statue bâtie à l’entrée de Tunis avant d’être transférée à La Goulette.

La date de retour du leader nationaliste sur le sol tunisien marque donc le triomphe du mouvement d’indépendance tunisien. Celle-ci sera même préférée à la journée de l’indépendance (20 mars 1956) et à la naissance de la République tunisienne (25 juillet 1957) qui sont plutôt vues comme des suites inévitables du retour de l’autonomie du pays. Baptisée « fête de la Victoire », c’est la date du 1er juin 1955 qui est alors considérée « fête nationale » par Bourguiba, père et premier Président de la Tunisie libre.

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