Le 19 mai 1881 a vu le jour l’homme d’Etat Mustafa Kemal Atatürk, fondateur et premier président de la République de Turquie.

 

Un militaire de formation

Issu d’une famille d’origine albanaise, Mustafa Riza, de son vrai nom, est né le 19 mai 1881 à Thessalonique, en Grèce. Après le décès de son père, en 1888, sa famille se retrouve dans une situation précaire. Le jeune garçon est ainsi forcé d’abandonner ses études et emménage, avec sa mère, dans une ferme où travaille un de ses oncles, à quelques kilomètres de chez eux.

En 1893, malgré l’opposition de sa mère, Mustafa participe au concours d’entrée au collège militaire, qu’il réussit haut la main. Après y avoir effectué 3 ans d’étude, il obtient son diplôme et est admis à l’Ecole des cadets. Élève assidu, il est surnommé « Kémal « , qui signifie « parfait », par son professeur de Mathématiques, Mustafa Bey. C’est donc sous cette appellation qu’il quitte sa ville natale à l’âge de 17 ans pour rejoindre le lycée militaire de Monastir, en Macédoine occidentale. Il intègre ensuite l’Académie de guerre à Istanbul en 1902 où il obtient le grade de capitaine, 3 ans plus tard. Et, en 1907, il est nommé à l’Etat-major de la troisième armée de Thessalonique.

 

Mustafa Kemal, un redoutable stratège

En 1915, durant la Grande Guerre, Kémal sort de l’ombre quand son armée parvient à empêcher l’entrée franco-anglaise dans le détroit des Dardanelles, près d’İstanbul, capitale de l’empire ottoman. Mais si ce triomphe lui vaut la gloire, cela lui coûte également une mise à l’écart par les membres du parti « Jeunes-Turcs » qui se sentent menacés par sa popularité grandissante et donc de son pouvoir.

Après l’armistice de Moudros signé le 30 octobre 1918, cet officier lance des mouvements de résistance pour anticiper la dislocation de la Turquie prévue par le traité de Sèvres. En 1919, il proclame l’unité de la Turquie et le droit de former un gouvernement provisoire en cas de défaillances des dirigeants ottomans. Un plus tard, après la défaite et le démembrement de l’empire en 1920, la Grande assemblée lui confie alors le pouvoir.

 

La création de la République de Turquie

D’un dévouement peu commun, il a aussitôt l’ambition de créer une nation Turque solide et homogène qui rompt avec les ruines de l’empire ottoman. En 1921, il réussit à repousser les envahisseurs grecs hors du pays, ce qui lui vaut le titre de Ghazi (le « Victorieux » en arabe) par la nouvelle Assemblée nationale. Il s’agit d’un titre initialement destiné aux plus grands combattants de la foi islamique. Après le traité de Lausanne qui reconnaît en 1923 les frontières de la nouvelle Turquie, Kémal proclame la République (le 29 octobre 1923) et déplace la capitale à Ankara, au cœur de l’Anatolie. Il devient alors le premier président de la République de Turquie et fonde le Parti républicain du peuple.

Visionnaire, il efface petit à petit les traces du passé ottoman, jusqu’à inscrire la laïcité dans la Constitution pour séparer le pouvoir politique (sultanat) du spirituel (califat). Par ailleurs, il entreprend des réformes sociales sans précédentes, dont le droit de vote aux femmes, baptisées «révolution kémaliste» tout au long de sa présidence (1923 à 1928). Pour ces grandes mutations,  l’Assemblée lui attribue le nom d’« Atatürk » qui signifie « père des Turcs ». Il décède à 57 ans, le 10 novembre 1938, à Istanbul, des suites d’une cirrhose du foie.

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