Le 10 mai 1915 a vu le jour une grande figure de l’univers cinématographique : l’égyptien Salah Abou Seif, considéré comme le précurseur du réalisme dans le cinéma arabe.

 

Son parcours

Né le 10 mai 1915 à Boulacq, un quartier défavorisé de Caire, en Egypte, Salah Abou Seif est issu d’une fameuse nombreuse et pauvre. Il fait des études de commerce avant de travailler aux usines textiles Misr de Mahalla al-Kubra. Mais passionné de cinéma depuis son jeune âge, il part à la découverte de cet art nouveau, puis rencontre le réalisateur Niazi Mostafa lors du tournage d’un documentaire sur l’une de ces usines. Très proches, ils multiplient les collaborations. Plus tard, Salah Abou Seif devient à 19 ans (1934) l’assistant du réalisateur et profite de cette occasion pour déployer ses ailes.

 

Quelques-unes de ses œuvres

A partir de 1943, il réalise ainsi plusieurs courts métrages. Et, en 1945, il décide enfin de tourner son premier long métrage avec un remake du film américain, Waterloo Bridge de Merwyn Le Roy. Plus tard, le succès de son film intitulé Les aventures d’Antan et d’Abla lui ouvre davantage les portes. Il travaille ainsi à plusieurs reprises avec l’écrivain Naguib Mahafouz, notamment avec le tournage des films tels que Le Caire 30 ou encore Mort parmi les vivants.

 

Initiateur du cinéma réaliste arabe

Fort de son expérience, Salah ouvre le cinéma égyptien au réalisme, ce qui fait de lui le fondateur du cinéma réaliste dans le monde arabe. Il devient professeur à l’Institut du cinéma du Caire et dirige l’organisme du cinéma de 1963 à 1965. Dans ses films, il trace et décrit le plus souvent l’évolution de toutes les couches de la société égyptienne, tout en incitant le public à prendre position face à une problématique donnée. C’est ainsi qu’il parvient à créer un cinéma populaire, faisant des gens ordinaires les héros au centre de l’écran, sans pour autant tomber dans le simplisme.

Salah Abou Seif fait basculer les normes jusqu’alors établies par les américains et crée un vrai cinéma national qui s’adresse d’abord aux égyptiens, puis aux arabes et au monde entier. Après une longue et brillante carrière, il décède à 81 ans, le 23 juin 1996 au Caire, laissant derrière lui de beaux chapitres du cinéma réaliste.

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