Le 6 mai 680, Muawiya Ier, premier omeyyade à porter le titre de calife, meurt des suites d’un accident vasculaire cérébral. Son règne, qui débute en 661, a surtout été marqué par une stabilité politique et une expansion très rapide de son territoire.

 

Combats aux côtés des musulmans

Né en 602 à la Mecque, Muʿāwiya ibn Abī Sufyān est le fils dʾAbū Sufyān, l’un des plus grands adversaires du prophète Muhammad. Farouchement opposée à l’islam, sa famille finit pourtant par se convertir en 630 avec la prise de la Mecque. Son père devient même l’un des plus fidèles compagnons du prophète tandis que Muʿāwiya obtient le poste de scribe.

Après le décès de Muhammad en 632, ce futur calife omeyyade rejoint l’armée musulmane pour contrer avec succès les troupes byzantines aux côtés de son frère Yazib. Lorsque ce dernier succombe à la peste, Muʿāwiya prend sa place et devient gouverneur de la Syrie sous le califat d’Umar ibn Al-Khaṭṭāb en 640. Il poursuit alors le siège, imposé par son défunt frère depuis 634, sur Césarée, en Israël. Mais en moins d’un an, il trouve une faille (un muraille derrière un ruisseau) permettant à son armée d’entrer et de conquérir la ville en 641. Grâce à cet exploit, il obtient rapidement le respect et la loyauté de ses troupes et de son peuple.

A partir de 647, Muʿāwiya lance une vaste campagne militaire contre les byzantins qui va conduire à la prise de Chypre en 649, puis de Rhodes et de Kos en 654. Un an plus tard, le gouverneur entreprend, avec ses hommes, une expédition en Cappadoce (Anatolie) sous le commandement d’Abdullah bin Saad. Craignant une attaque, la flotte byzantine leur coupe la route près des côtes du mont Phoenix en Lycie. Les deux marines s’engagent alors dans un combat d’infanterie, soldé par la victoire des arabes musulmans malgré la supériorité numérique de leurs adversaires.

 

Premier califat omeyyade 

En 656, le calife ʿUṯmān ibn ʿAffān, issu du Banū ʾUmayya, est assassiné. Etant de la même tribu, Muʿāwiya réclame que justice soit faite mais Alī ibn ʾAbī Ṭalib, le nouveau calife, rejette sa requête. En guise de contestation, il refuse de reconnaître le califat d’Alī ainsi que son autorité. Frustré, le calife décide de le combattre et dirige lui-même son armée vers Damas. Apprenant cette décision, Muʿāwiya prépare son armée et se met à son tour en marche. En juin 657, les deux troupes se rencontrent à Siffin et la bataille commence. Mais après un mois d’affrontements sanglants, Muʿāwiya et Alī s’accordent sur un arbitrage pour mettre un terme à cette crise.

En 661, après l’assassinat d’Alī, par les kharidjites, Muʿāwiya et ses troupes entrent à Koufa, la capitale, pour solliciter la population à le choisir comme nouveau calife, au lieu d’Al-Hasa, fils d’Ali. Ce dernier abdique alors et reçoit une compensation financière, puis s’installe à Médine. Le gouverneur syrien se fait ainsi proclamer calife en 661, et fonde le califat omeyyade, avec Damas comme capitale où il gère son territoire qu’il va plus tard s’étendre jusqu’à Constantinople.

Pendant son règne, il crée aussi une cour comparable à celle des byzantins et embellit davantage la ville de Damas pour rivaliser la beauté de Rome. Ainsi, les musulmans profitent sous ce califat de nombreuses transformations. Il gagne également la gratitude de nombreux sunnites, grâce à ses initiatives en faveur des musulmans lors des discordes issues de la première Fitna. Tous ces exploits font de Muʿāwiya Ier l’un des personnages les plus marquants de l’histoire de l’empire arabo-musulman. Décédé le 6 mai 680 à Damas, il est succédé par son fils, Yazīd Ier.

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