Le 4 mai 1978, Henri Curiel, un militant anticolonialiste et communiste égyptien est mort assassiné. Grâce notamment à ses actions pour la libération nationale de l’époque, il reste l’une des plus grandes figures de l’histoire de l’Egypte.

 

Son chemin vers la politique

Né le 13 septembre 1914 au Caire, en Egypte, dans une famille de la bourgeoisie juive, Henri Curiel passe ses premières études dans un collège de jésuites français situé dans sa ville natale. Et dans l’espoir que son fils lui succédera un jour, son père, banquier, l’emmène souvent avec lui au travail. Mais sa rencontre avec une infirmière locale nommée Rosette Aladjem va plutôt le conduire à la politique. Celle, qui va devenir son épouse, lui fait découvrir la misère du peuple égyptien lorsqu’il l’accompagne pour aller soigner les ouvriers et les paysans travaillant dans les propriétés de son père. Choqué, il décide d’abandonner ses origines bourgeoises et prend la nationalité égyptienne. C’est ainsi qu’est née sa révolte qui va le conduire à devenir communiste et anticolonialiste. Un dévouement qui est à l’origine du mouvement communiste en Egypte et au Soudan dans les années 1940.

 

Ses nombreuses initiatives politiques

Dans son pays, Henri Curiel mène plusieurs manifestations et grèves successives qui ont secoué le régime du roi Farouk, ce qui lui vaut plusieurs détours en prison mais il est aussitôt libéré à chaque fois. Toutefois, la guerre entre l’Egypte et Israël de 1948 à 1949 le contraint à quitter définitivement le Caire en août 1950. À 48 ans, il s’installe alors en France où il poursuit son soutien aux mouvements de libération du tiers-monde dont il connait bien les difficultés à organiser les luttes. En même temps, il apporte sa contribution pour la paix entre les palestiniens, les pays arabes et Israël. Par ailleurs, il s’attache à mettre son expérience politique au profit des mouvements de révolte, notamment celui l’African National Congress (ANC) de Nelson Mandela. Et pour peser davantage, il fonde l’organisation « Solidarité » qui appuie les luttes non seulement pour la libération nationale de l’époque, mais aussi contre le fascisme en Europe.

Le 4 mai 1978, Henri Curiel est mort abattu par deux individus armés alors qu’il sortait de son domicile. L’un d’entre eux : René Resciniti de Says, confesse le meurtre dans un livre intitulé « Le Roman vrai d’un fasciste français » de Christian Rol. Malheureusement, cet ancien membre de l’Action française ne peut pas être mis en examen puisqu’il est décédé en 2012 et le livre n’est paru qu’en 2015, soit trente-sept ans après les faits.

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