Le 3 mai 1991, Mohammed Abdel Wahab s’éteint au Caire. Célèbre chanteur et compositeur égyptien, il est considéré comme le père de la « chanson moderne arabe ».

 

Dès débuts en cachette

Né au Caire, en Egypte, le 13 mars 1902, l’artiste Abdel Wahab est issu d’une famille modeste. Son père, muezzin, l’inscrit à l’âge de 5 ans dans une école coranique, « kouttab », en vue de faire de lui un Imam plus tard. Ainsi, dès son jeune âge, cet enfant brillant aime déjà se mettre au milieu des fidèles de la mosquée pour réciter des versets du Coran avec eux.

Une fois adolescent, Abdel est séduit par le théâtre musical. C’est ainsi qu’il va reprendre, avec ses amis, les célèbres chansons de Salama Higazi, un précurseur du théâtre chanté. Par ailleurs, il devient animateur dans une salle de théâtre mais craignant la réaction de son père, il l’exerce en cachette avec la complicité de sa sœur Aïcha. Ses parents finissent pourtant par l’apprendre et comme il l’a bien prédit : son père ne l’approuve pas et l’interdit de sortie. Ce qui n’arrête pas le jeune garçon qui n’hésite pas à fuguer pour se produire dans un cirque du coin. Face à sa détermination, ses parents finissent par céder et décident de le soutenir.

 

Un pionnier de la chanson contemporaine arabe

A l’âge de 13 ans, Abedl s’inscrit au club de musique orientale sous la direction de Mohammed El Kasabji où il apprend le luth. Quatre ans plus tard, il enregistre ses premières interprétations avant de travailler sur ses propres chansons vers 1920. Il lui faudra néanmoins une dizaine d’années pour peaufiner son style mêlant musique classique, rythme occidentaux et mélodies traditionnelles.

En 1934, il redéfinit les règles de base de la « chanson moderne arabe » dans le film « La rose blanche ».  En moins de dix minutes, il y enchaîne : des extraits de mélodies, quatre couplets de différents thèmes et un refrain. Le film connait un véritable succès et Abdel devient le premier chanteur de charme en Egypte. Il est alors sollicité par plusieurs producteurs mais n’accepte que huit films, jusqu’en 1949, en y imposant des duos chantés.

Dans les années 1950, il se consacre à la composition et écrit pour d’autres interprètes. Entre 1964 jusqu’ en 1972, il a par exemple composé des chansons sentimentales, qui deviendront des œuvres majeures de la musique arabe moderne, pour Oum Kalthoum. C’est lui également qui a composé l’actuel hymne des Emirats arabes unis et l’ancien hymne national de la Libye.

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