Le 2 mai 2003, Mohammed Dib, romancier et poète algérien, rend l’âme à 82 ans. Avec ses œuvres ramifiées en genres multiples, il occupe une place imminente et particulière dans la littérature algérienne d’expression française.

 

Un homme aux mille métiers 

Né en 1920 à Tlemcen, ville située à l’Ouest de l’Algérie, Mohammed Dib vient d’une famille d’artisans. Après ses études à l’école normale d’Oran, il débute comme instituteur à Zoudj Bghel de 1938 à 1940, puis exerce plusieurs métiers : comptable, dessinateur dans une fabrique de tapis, interprète auprès des armées alliées à Alger, journaliste à Alger Républicain. Et durant ses heures perdues, il commence à écrire régulièrement des poèmes.

 

Une célèbre trilogie romanesque

Bien qu’il ait exercé plusieurs métiers, c’est dans l’univers de la littérature qu’il se fait un nom. Il doit notamment son succès à sa trilogie romanesque intitulée « Algérie » dont le premier volume, La Grande Maison sort en 1952. Le deuxième, L’Incendie, dont l’intitulé paraît prémonitoire, est publié en 1954, peu avant le début de l’insurrection algérienne. Et enfin, Le Métier à tisser, édité en 1954. Dans ces œuvres, il dénonce à travers ses personnages la situation provoquée par la colonisation et cela, avec une étonnante précision dans les termes.

Mais sa position militante du Parti communiste, proche du mouvement de libération, lui vaut une condamnation par les autorités coloniales, ce qui le contraint à quitter son pays en 1959. Après quelques voyages à l’étranger, il s’exile alors en France et commence à travailler sur des œuvres bien plus variées qu’auparavant : nouvelles, poèmes, théâtre, romans, contes pour enfants….

 

Une avalanche de Prix bien mérités

Tout au long de sa vie d’écrivain, Mohammed Dib accumule les mérites. Ainsi, en 1952, il remporte le prix Fénéon qui est une récompense littéraire réservée chaque année à « un jeune écrivain et une jeune écrivaine ou sculpteur âgés de 35 ans au plus et dans une situation modeste« . Il obtient ensuite le prix de l’Union des Écrivains Algériens en 1966, le prix de l’Académie de poésie en 1971 et le prix de l’Association des Écrivains de langue française en 1978. À cela s’ajoute le Grand prix de la Francophonie de l’Académie française en 1994 faisant de lui le premier écrivain maghrébin à le remporter.

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