Le 21 avril 1938, Muhammad Iqbal, le poète de l’Orient, philosophe, avocat et théologien originaire de l’Inde britannique (actuel Pakistan), s’éteint à l’âge de 61 ans à Lahore.

 

L’enfant derrière l’homme

Né le 9 novembre 1877 dans une famille indienne convertie à l’Islam depuis des générations, Muhammad Iqbal est élevé selon le mode de vie religieux et traditionnel musulman. Son intelligence ne passe pas inaperçue aux yeux de Thomas Arnold qui l’encourage à étudier la philosophie au Trinity College, en Angleterre où il obtient son doctorat. De retour sur ses terres, il se compte parmi le cercle très restreint des élites occidentalisées, une appartenance qui lui ouvre les portes de la politique et des études juridiques. Ayant participé à la genèse du Pakistan, il y est reconnu comme un père spirituel.

 

La philosophie Iqbalienne

Muhammad Iqbal se démarque surtout pour sa conception plus dynamique de la religion musulmane. Le souffle de renouveau qu’il apporte dans sa vision consiste en une revitalisation de la culture islamique jusque-là sclérosée. Il entend « remettre l’islam en mouvement » à travers la lecture régulière du Coran et une interprétation renouvelée des textes sacrés par rapport à l’évolution du monde.

La modernisation de l’islam conduite par Iqbal est loin de supposer une adoption sans condition du mode de vie occidental, mais suggère à la communauté musulmane de préférer une application circonstanciée et non littérale de la sharia. Et si la laïcité est exclue de la philosophie iqbalienne, cette pensée invite les musulmans à créer une entité politique conforme aux règles morales de la religion et à la dynamique de la société. En 1955, l’ouvrage Reconstruire la pensée religieuse de l’Islam est publié pour regrouper ses différents œuvres et discours sur la « reconstruction » de la religion musulmane, un ouvrage traduit du perse en français.

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