Muhammad Ayub Khan, président du Pakistan entre 1958 et 1969, décède le 19 avril 1974.

 

Un coup d’Etat pacifique

Descendant d’une lignée de combattants et de militaire, Ayub Khan voit le jour le 14 mai 1907 dans le petit village de Rehana, à Haripur. Enfant, il doit parcourir six kilomètres à dos de mulet pour aller à l’école. À la fin de ses études secondaires, il intègre l’université musulmane d’Aligarh qu’il quitte 4 ans plus tard pour l’Académie royale militaire de Sandhurst, en Angleterre. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il obtient le grade de brigadier première étoile, devenant ainsi l’officier musulman le plus gradé dans l’Inde britannique.

Commandant des forces armées, chef d’état-major général adjoint, puis ministre de la Défense, il se trouve bien vite parmi les favoris pour la direction du Pakistan sous tension, en crise et indécis sur le choix de son allié : les américains ou les soviétiques. Quand, en 1954, le gouvernement lui donne le pouvoir, il le refuse humblement. Pourtant, avec les difficultés grandissantes du pays, il soutient le président Iskander Mirza pour destituer le gouvernement en place. Au bout d’un coup d’État non sanglant et pacifique, favorisé par le soutien de l’armée pakistanaise, il accède à la présidence du pays le 27 octobre 1958.

 

Une politique controversée

Imposant une dictature militaire, Ayub Khan reste à la tête du Pakistan pendant plus de dix ans. Sa gouvernance est marquée par le libéralisme et capitalisme économique, le partage équitable de certaines richesses et par quelques réformes emblématiques comme l’encadrement de la polygamie, censure de la presse…. Si le président est adulé par son peuple à ses débuts, sa notoriété diminue rapidement au fil des années notamment après la deuxième guerre indo-pakistanaise en 1965 qui s’est soldée par une défaite de l’armée pakistanaise.

Les contestations se multiplient alors à travers le pays, principalement dans le Pakistan oriental. Pour les contrer, le gouvernement mène une forte répression contre les opposants, instaure les couvres-feux dans les grandes villes et interdit les partis politiques. Mais le mouvement prend de l’ampleur poussant Ayub Kham à démissionner le 25 mars 1969. Cinq ans plus tard, le 19 avril 1974, il s’éteint à l’âge de 67 ans, suite à une crise cardiaque dans sa résidence de Radwalpindi.

Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *