Le 12 avril 2011, la Tunisie perd l’un de ses plus célèbres artistes : Mahmoud Tounsi, à la fois peintre et écrivain. Bien que sa production littéraire soit limitée, ses œuvres restent une référence dans l’univers de la littérature arabophone tunisienne. 

 

Ses débuts de carrière épanouis

Né le 13 décembre 1944, Mahmoud Tounsi passe son enfance à Menzel Temime, en Tunisie, où il fait ses études primaires. Une fois ses premières diplômes en poche, il décide aussitôt d’entrer à l’école des beaux-arts de Tunis, avec comme professeur principal le grand peintre Abdelaziz Gorgi.

Il est d’abord fonctionnaire dans l’administration, puis dans l’ERTT (Etablissement de la radiodiffusion-télévision tunisienne) avant d’enseigner les arts plastiques au lycée de Menzel Termime. Bien lancé dans ses débuts de carrière, il rencontre sa future femme Nesria Saïdi qu’il épouse deux ans plus tard, le 20 août 1972.

 

Mahmoud Tousni, un écrivain d’avant-garde

Son parcours est également marqué par son engagement dans la politique : en 1977, il crée le Conseil national des libertés, une ONG tunisienne spécialisée dans les droits de l’homme. C’est dans ce contexte que son talent d’écrivain commence réellement à s’épanouir, le conduisant à rédiger des poésies contestataires, mais aussi des nouvelles, un genre littéraire proche du roman et d’inspiration réaliste. Son unique recueil « Espace », publié en 1973 fait de lui l’un des grands écrivains d’avant-garde de son époque.

Loin d’abandonner sa passion pour les arts plastiques, il va encore plus loin en s’intéressant davantage à la peinture. À partir des années 80, il réalise régulièrement des expositions artistiques durant lesquelles il réussit à se faire un renom et ainsi vendre certaines de ses œuvres. Militant politique au sein du Mouvement des démocrates socialistes, il adhère au parti Rassemblement Constitutionnel Démocratique et devient le Secrétaire Général adjoint du comité de coordination de Nabeul. En 2000, il est élu maire de Menzel Termime, sa ville natale, où il y envisage la création d’un théâtre romain. D’ailleurs, c’est en voulant se rendre au ministère de la Culture pour discuter de ce projet qu’il décède dans un grave accident de voiture, le 12 avril 2001, à l’âge de 56 ans.

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