Dans la soirée du dimanche 1er avril 2007, dans la Drôme au sud-est de la France, l’auteur marocain Driss Chraïbi a rendu l’âme à l’âge de 81 ans.

 

De l’ingéniorat à la littérature

« Peut-être mon prénom me prédestinait-il à la littérature », cette phrase, Driss Chraïbi, dont le prénom signifie « semeur », aimait rappeler. Pourtant, ce fils d’un riche importateur de thé, né en 1926 à El-Jadida au Maroc, avait fait beaucoup de chemins avant de se faire un nom dans la littérature. En 1945, il s’est installé en France pour étudier la chimie jusqu’à en devenir ingénieur. C’était un personnage touche-à-tout, professionnellement parlant, et, grand aventurier dans l’âme, il aimait voyager entre l’Italie, l’Allemagne, la Grèce et le Canada. Malgré ses déplacements, son ancre semblait être jetée sur l’Hexagone, car il y retournait toujours ; d’autant plus qu’il était responsable et auteur-producteur des dramatiques sur les ondes de France-Culture.

 

L’enfant terrible et rebelle de la littérature

En 1954, l’ingénieur en chimie a finalement percé dans l’univers de la littérature, non sans bruits. Avec son roman Passé simple, il exposait au grand jour le fardeau que représentait la société traditionnelle maghrébine à travers le désaccord d’un fils et d’un père marocain. Si celui-ci a fait un franc succès en France, il a été mal accueilli dans son pays natal où les intellectuels voyaient en ses critiques une trahison pour sa société.

Néanmoins, l’auteur ne se laissait pas décourager et continuait à établir, à sa façon, une passerelle entre l’orient et l’occident. Sa réputation s’était faite aussitôt, et s’était renforcée quand il a publié, un an après, le roman Boucs relatant le parcours d’un jeune algérien en France. Rage, ardeur, franc-parler, ironie, c’étaient les tons avec lesquels Driss Chraïbi écrivait sur la situation des femmes au Maroc, la vie du peuple berbère.

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