La journée du 29 mars, les algériens commémorent ses deux héros : Amirouche Aït Hamouda et de Si El Haouès, membres du Front de Libération Nationale, tombés au champ d’honneur en 1959.

 

Amirouche, l’intrépide

Amirouche Aït Hamouda est né en 1926 à Tassaft, en Kabylie. Artisan-bijoutier, il entre dans le monde de la politique en 1950 et intègre l’Organisation Spéciale du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD : devenu plus tard Front de Libération Nationale – FLN) à Alger puis à Paris. En 1954, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale ou ALN (branche armée du FLN) dans la région des Ouacifs. Rapidement, son autorité et son esprit rusé séduisent les maquisards qui l’incitent à prendre la place de leur chef, Ait Chick, décédé peu de temps avant l’arrivée d’Amirouche. Ce dernier accepte la proposition et devient alors le chef de la vallée de Soummam avant d’obtenir le grade de colonel de la wilaya III en 1957.

 

Haouès, l’altruiste

Ahmet Ben Abderrazak Hamouda, plus connu sous Si El Haouès, est né en 1923 à M’chouneche, dans les Aurès. Il intègre l’Opération spéciale du MTLD en 1947 et est envoyé à Paris pour informer les travailleurs immigrés de la vraie nature de la révolution menée en Algérie afin de mettre un terme aux fausses rumeurs sur ce sujet. De retour à son pays, il rejoint l’ALN en 1955 et soutient l’armée financièrement et matériellement (distribution de vêtements aux combattants). Deux ans plus tard, à la mort d’Ali Mellah, il prend les commandes de la wilaya VI avec le grade de colonel.

 

Deux martyrs de la révolution algérienne

Dévoués l’un comme l’autre pour la révolution, Amiouche et Si El Haouès ne tardent pas à s’allier. Ainsi, en janvier 1957, ils se rencontrent pour discuter de la mise en application des décisions prises lors du Congrès de Soummam. Conscient de leur dynamisme sur cette tâche, le FLN les affecte sur une nouvelle mission, en novembre 1958 : établir le contact avec la direction de la Révolution à l’extérieur.

Pour l’exécution de cette mission, les deux colonels quittent leur wilaya respectif le 6 mars 1959, accompagnés d’une trentaine de combattants, pour rejoindre Tunis. Mais une taupe au sein de leur équipe annonce leur itinéraire à l’armée française qui organise aussitôt une embuscade. Le 29 mars 1959, l’escorte algérienne est prise au piège entre Tsameur et Djininibia, à 75 kilomètres au sud de Bousâada. Dans cet affrontement sanglant, 5 algériens ont été capturés et 35 autres ont été tués, parmi eux les colonels Amirouche et Haouès.

Six ans après cet événement tragique, un autre fait choque l’Algérie. En 1965, Houari Boumédiène  séquestre les dépouilles des deux colonels dans les sous-sols d’une caserne de gendarmerie en Alger. Elles ne seront récupérées par leur famille que près de 17 ans plus tard. Selon Chérif Mahdi, ex-officier et ex-secrétaire général de  l’état-major de l’ANP (Armée nationale  populaire), cet acte macabre exprimait le « refus de donner aux Kabyles un lieu de pèlerinage et de recueillement, c’est la volonté d’amoindrir les sacrifices de ce haut lieu de la résistance en lui confisquant ses symboles« . L’ancien président, quant-à-lui, gardera son silence sur cet épisode jusqu’à sa tombe.

Author

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *