Le 23 mars 1169, le vizir d’Egypte Asad al-Dîn Shîrkû, aussi appelé Chirkouh, a rendu l’âme et est succédé par son neveu Saladin, le grand héros musulman.

 

Origines familiales

Shirkuh est le fils d’un chef kurde du nom de Shadhi ibn Manwan et le frère de Ayyub. Il est aussi l’oncle de Saladin qui va prendre le relais après sa mort. Issu d’une famille appartenant à la tribu Hadhabani, il est également officier kurde de Nur ad-Din et atabeg de Damas et d’Alep.

 

Homme de confiance de Nur ad-Din

Asad al-Dîn Shîrkûh participe activement aux combats contre les francs durant le règne de Nur ad-Din, grand prince d’origine turque de la dynastie des Zengides en Syrie. De par son soutien au souverain, il fait partie des personnages importants des batailles « contre-croisades » en Syrie et en Egypte au XIIe siècle. En 1146, Shîrkûh est devenu un « homme de confiance » pour Nur ad-Din et l’accompagne ainsi en Syrie.

En 1149, après le décès de Mu’in ad-Din Unur, l’émir Bouride de Damas, Shîrkûh et son frère Ayyoub y sont envoyés pour favoriser la prise de la ville par Nur ad-Din. Et puisque le vizir ne veut pas non plus laisser le roi de Jérusalem s’installer dans la vallée du Nil, il y envoie en mai 1164 une armée. Grâce à une opération de diversion pensée par Shîrkûh, celle-ci réussit à empêcher l’entrée des francs en Egypte.

 

Chirkouh succédé par Saladin le 23 mars 1169

La même année,  Noradin envoie Shîrkûh et son neveu Saladin en Egypte pour anticiper les attaques des croisés contre Amaury Ier et pour intervenir dans les conflits de pouvoir autour du vizirat. Ses troupes en sortent victorieux, après trois ans de siège, et le 18 janvier 1169, il est désigné vizir. Mais il décède aussitôt le 23 mars, quelques mois après sa nomination.

Le jour-même, le calife fatimide al-Adid désigne Saladin au vizirat, espérant pouvoir contrôler ce jeune homme jugé “sans expérience”. Pourtant, en quelques semaines seulement, le nouveau vizir parvient, au contraire, à renforcer son pouvoir : il chasse les «infidèles» et les remplace par ses hommes de confiance ; il neutralise les tentatives de révolte de l’armée et arrive à contenir l’attaque des francs en octobre 1169. Saladin semble bien décidé à continuer les desseins de son prédécesseur, Shîrkûh, qui a prôné pour la protection et l’unification des musulmans.

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