Décédé le 16 Mars, en 2009, le grand sociologue et romancier marocain Abdelkébir Khatibi était l’une des figures les plus importantes de la littérature maghrébine.

 

Ses origines familiales

L’illustre écrivain Abdelkébir Khatibi est né le 11 février 1938 à El Jadida, le jour même de la fête de l’Aïd el-Kébir, d’où son prénom. Il est le deuxième fils d’une famille composée de trois garçons et deux filles. Marié à une jordanienne qui se nomme Beni-Hillal, son père était un imam de mosquée avant de se lancer dans le négoce en 1930. Dès son jeune âge, son destin d’écrivain exceptionnel se profile déjà : à 12 ans, il écrit des poèmes authentiques en arabe et plus tard en français également.

 

Un vrai parcours d’intellectuel

Après ses premières études à Marrakech, Khatibi obtient son baccalauréat au lycée Lyautey de Casablanca. Il commence en 1960 ses études de philosophie à l’université de Sorbonne, en France, et rejoint le mouvement communiste marocain (UNEM). En même temps, il écrit dans le journal El Mokafih (Le combattant).

Une fois rentrée au Maroc en 1964, Abdelkébir s’engage toujours dans plusieurs activités : enseignant, chercheur, écrivain, intellectuel engagé dans la politique, etc. À partir de 1966, il dirige l’Institut de sociologie de Rabat, et publie en 1968 un célèbre essai intitulé Le Roman maghrébin.

 

Abdelkébir, pionnier d’un nouveau genre littéraire

Bien que Khatibi jouisse déjà d’un grand renom dans le monde de l’enseignement et de la littérature maghrébine, sa carrière s’ouvre davantage à l’internationale avec la publication en 1971 de La Mémoire tatouée. Il s’agit d’un récit dans lequel il inaugure un nouveau genre littéraire, mêlant roman à thèse et autofiction. Ainsi, en 1979, il décide d’abandonner son métier d’enseignant pour se consacrer à l’écriture et à la recherche.

Déjà traduits en plusieurs langues, ses travaux sont jusqu’aujourd’hui analysés par des étudiants-chercheurs pour faire l’objet de thèses. Les extraits de ses œuvres sont également cités dans des revues spécialisées, des ouvrages et dans les actes de rencontres scientifiques nationales et internationales. Rappelons par ailleurs que cet écrivain disparu le 16 mars 2009 est récipiendaire, entre autres, du Grand Prix de l’Académie française en 1994, du Grand Prix du Maroc en 1998 et du Prix de l’Afrique méditerranéenne/Maghreb en 2003. Il est aussi le premier arabe à recevoir le Grand prix de poésie de la Société des Gens De Lettres (SGDL).

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