Né le 12 mars 1889 à Jaghboub, dans la province ottomane de Cyrénaïque, Sidi Muhammad Idris Al-Mahdi Al-Sanussi devient l’unique souverain de la Libye, depuis son indépendance en 1951, sous le nom d’Idris Ier.

 

Emir de Barqa et des Oasis

Après la mort de son père, Idris est placé sous la tutelle de son oncle qui lui confère une bonne éducation religieuse. Étant le petit-fils du chef de la confrérie religieuse des Sanussi, Muhammad Ibn Ali Al-Sanussi, les autorités ottomanes et le chérif de La Mecque l’accueillent en hôte de marque lors de son premier pèlerinage à la ville sainte en 1914.

À son retour, le jeune homme de 24 ans se plonge au cœur de la vie politique mouvementée de son pays. En effet, il est nommé émir de Barqa et des Oasis puis succède à son grand-père à la tête de la confrérie. Mais la reprise de l’invasion italienne, avec l’arrivée au pouvoir de Mussolini (en Italie),  le force à s’exiler en Egypte en 1923. Cependant, l’émir n’abandonne pas son peuple et met en place une « force libyenne arabe » en 1940. Celle-ci se rallie aux forces britanniques pour contrer les italiens.

 

Dix-huit ans de règne

De retour à Cyrénaïque, Idris Ier se voit restituer son titre d’émir par le Royaume-Uni en 1946. Il s’installe alors à al-Bayda et proclame l’indépendance de sa région le 1er mars 1949. Il entame ensuite l’unification de la Tripolitaine et du Fezzan (deux régions libyennes successivement occupées par les britanniques et les français) à la Cyrénaïque.

Le 24 décembre 1951, quand la Libye obtient enfin son indépendance, Idris est proclamé roi sous le nom d’Idris Ier. Au début de son règne, le souverain opte pour un Etat fédéral où les trois régions ont chacune leur propre gouvernement local. Mais la découverte du pétrole à Cyrénaïque, en 1956, le fait rapidement changer d’avis. Il utilise alors le “nationalisme arabe” et fait adopter une nouvelle constitution en 1963 pour unifier Tripolitaine, Fezzan et Cyrénaïque. Et, pour « éviter des rivalités politiques », il interdit la formation de tous partis politiques. Autant de décisions qui suscitent les mécontentements au sein de la population et surtout de l’armée.

Le 1er septembre 1969, alors qu’il est en déplacement pour des raisons médicales à Ankara (Turquie), le souverain est renversé par un coup d’Etat dirigé par le colonel Mouammar Kadhafi. Le nouveau régime lui retire, ainsi qu’à sa famille, la nationalité libyenne et lui propose à la place le statut de « citoyen d’honneur », ce que le roi déchu refuse. Dépouillés de tous ses biens et chassées de la Libye, les membres de la famille royale s’exilent en Grande-Bretagne sauf Idris Ier qui se réfugie au Caire, en Egypte, où il s’éteint à l’âge de 94 ans, le 25 mai 1983.

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