Le 3 Mars 1924 reste une grande date à jamais gravée dans l’histoire de la Oumma, puisqu’elle marque l’un des évènements les plus sombres du monde arabo-musulman : la disparition du califat et le déclin de l’Empire ottoman.

 

La déstabilisation du califat à partir de 1916

Durant les 1400 années de l’histoire de la Oumma, le siège du Califat ottoman fut sans doute le symbole ultime de l’unité de l’islam. Son rôle était maintenu sans interruption, jusqu’à ce que les liens entre le Califat et le contrôle des Haramain soient compris par les ennemis de l’Islam. Rendre impuissant cette religion afin de la séculariser et créer un foyer national juif en Palestine : voilà les vrais objectifs des sionistes et des occidentaux. Et c’est durant la première guerre des Balkans de 1912 à 1913 que les ottomans commencent déjà à s’affaiblir. Ensuite, en 1916, durant la participation de l’empire ottoman à la Première Guerre Mondiale, le calife avait perdu le contrôle de Djeddah, et puis du Hedjaz en 1919. Cela marque déjà le début de la chute de l’Empire ottoman.

 

 

La triste disparition du califat après 14 siècles d’existence

Mais c’est le 3 Mars 1924 qui va surtout constituer l’un des moments les plus funestes de l’histoire de la communauté musulmane : ce jour-là, en Turquie, le bureau du califat est aboli par l’Assemblée turque sous l’initiative de Mustafa Kamal, un juif sioniste faussement converti à l’Islam. Ainsi, toute trace du califat ottoman est peu à peu supprimée et le 101ème calife, Abdul Medjid II, déposé, puis obligé de s’exiler à l’étranger.

Cela met donc fin à une dynastie millénaire, privant les sunnites de leur chef spirituel. Cette politique sera évidemment contestée par les musulmans en Turquie, mais aussi dans beaucoup d’autres pays comme l’Égypte et l’Inde. Ceux-ci affirment en effet que la décision appartient à l’ensemble de l’Oumma et non à l’assemblée turque. Le califat et l’enseignement religieux sont finalement abandonnés, mais la Constitution, approuvée par l’Assemblée nationale le 20 avril 1924, précise toujours dans son article 2ème que la religion de l’Etat Turc est l’Islam. Et bien que la Turquie soit intégrée au sein du modèle laïc, l’islam n’a jamais été vaincu ni contrôlé par la civilisation occidentale.

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