Le 10 février 1258 fut marqué par un évènement majeur de l’histoire : Bagdad, le cœur de l’empire arabo-musulman, était pillée et détruite par l’armée Mongol dirigée par Hulagou Khan, petit-fils de Genis Khan. La ville la plus riche du monde était saccagée, et ses habitants, massacrés.  

 

 La reddition de la ville par le Calife

Le siège ne va durer que 3 semaines après l’entrée des armées mongoles dans la ville. Ayant pris conscience des risques de saccages  et de massacres qui pourraient en découler, le calife abbasside al-Musta’sim lui-même négocie, mais en vain, et donne finalement sa reddition. En dépit de cette soumission, les habitants de Bagdad font face à un autre chantage de la part d’Houlagou : ils sont appelés à se livrer sans armes et abandonner la ville, s’ils veulent en sortir la vie sauve. Le souverain musulman et les habitants acceptent alors de se rendre.

 

Les habitants massacrés et la cité enflammée

Seulement trois jours après cet épisode de reddition, les habitants n’échapperont pas aux massacres mongols. Les historiographes arabes estiment à 800 000 le nombre d’individus éliminés, dont 24 000 sont des savants. Houlagou, quant à lui, parle de 200 000 habitants tués, d’après une lettre envoyée au souverain de France Louis IX.

Par ailleurs, un nombre impressionnant d’hôpitaux, d’universités, de mosquées et de bibliothèques seront saccagés, puis enflammées sans pitié. Et le 20 février, le calife sera tué de façon barbare : al-Musta’sim sera cousu dans un tapis avant que des chevaux allaient le piétiner jusqu’à la mort. Cet évènement sera imprimé à jamais dans l’esprit des musulmans, car ce jour-là ceux-ci viennent de perdre le souverain de l’un des empires les plus riches du monde. La mémoire retient également  que durant tout un mois  les eaux du Tigre s’assombrirent jusqu’à devenir noire car colorées par l’encre des livres jetés dans le fleuve.

Mais la culture arabo-musulmane ne régresse pas pour autant avec la chute de Bagdad, puisque, curieusement, les Mongols vont adopter cette culture qu’ils soumettent : en 1295, l’empereur Ghazan, petit-fils de Houlagou lui-même va se convertir à l’islam. C’est la première fois dans l’Histoire que des vainqueurs embrassent la religion des vaincus.

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